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Partenariat public privé : Une option pour l’assurance agricole?

Une des propositions pour améliorer la gestion des risques et déterminer les responsabilités • 230 experts en assurance et réassurance réunis à Marrakech jusqu’ au 31 janvier 2014.

Comment se protéger des risques majeurs menaçant le secteur d’agriculture? Une question cruciale, débattue à Marrakech, du 29 au 31 janvier 2014, lors d’un congrès organisé par le Centre africain des risques catastrophiques et la Société centrale de réassurance. Une tribune laissée aux quelque 230 participants, venus des quatre coins du globe, afin d’échanger leurs expériences réussies dans le domaine, et de tisser de bonnes relations d’affaires à l’international. Le Congrès international sur l’assurance et la réassurance des risques agricoles liste les conséquences économiques et sociales de l’impact du changement climatique sur la gestion des risques. En effet, confronté aux caprices du temps, l’agriculteur doit parfois faire face à une accumulation d’épreuves.

Sécheresse, gel, fortes précipitations, un manque à gagner sur le chiffre d’affaires qui peut mener à la faillite. Au Maroc, les fluctuations pluviométriques tiennent en haleine le secteur agricole, qui participe grandement au potentiel économique du Royaume. L’innovation est donc au cœur des débats de ces éminents experts et intervenants, puisqu’il s’agit de poser une vision partagée des outils et mécanismes adaptés aux risques majeurs que supporte le secteur agricole. Mais la question climatique n’est pas le seul thème abordé.

Depuis longtemps sur la table, le sujet de la modernisation du secteur, et avec elle l’amélioration des conditions de vie des populations concernées, est également à l’ordre du jour. Des recherches ont été menées pour trouver des solutions d’amélioration de la rentabilité de l’agriculture. En débattre entre experts marocains, français, américains, allemands, brésiliens… permet de mieux accompagner les travaux en cours. Autre point de ces sessions, le partenariat public/privé dans l’assurance agricole. Une question qui sera traitée par Olivier Mahul, représentant en Thaïlande de la Banque mondiale. Pour clôturer ces deux jours de congrès, des rencontres bilatérales sont organisées entre les différentes compagnies d’assurances.
La fin du premier trimestre 2014 est la date butoir des travaux sur la gestion des risques en agriculture, menés par un groupe de travail, composé d’agriculteurs, d’assureurs et de réassureurs. Il s’agit d’établir un diagnostic partagé et des propositions pour l’avenir. Trois grandes orientations ont été arrêtées par l’actuel ministre français de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, Stéphane Le Foll. D’abord, l’amélioration de la capacité des exploitations à faire face aux aléas climatiques, sanitaires ou environnementaux. Pour cela, la prévention des risques est au coeur de la recherche de la double performance économique et écologique. Exemple, concernant les inondations, la clarification des droits et responsabilités des agriculteurs dans l’entretien des cours d’eau est posée.
Deuxième orientation, l’amélioration des contrats d’assurance, en termes de contenu et de prix. On parle là de développer un socle minimum de protection pour chaque type de filière et d’exploitation. Et enfin, l’identification claire des responsabilités des acteurs publics et privés. Celles du monde agricole concernent l’adaptation des pratiques culturales, et les démarches de précaution et de couverture des risques. Mais aussi l’organisation économique (coopératives, organisations de producteurs…), qui sert de relais actif entre exploitants individuels et assurances.
Les acteurs privés du secteur de l’assurance et de la réassurance se doivent, quant à eux, de développer des produits adaptés à la nature des filières et des risques. Du côté de l’Etat, qui reste un potentiel garant face aux risques, une problématique est soulevée, la question du partage des rôles, et ainsi des risques, entre les ministères de l’Agriculture et de l’Economie, en matière de réassurance entre l’Etat et le secteur privé.

Source du Document: l’économiste.com